Communiqués
Un marché publicitaire stable, en légère croissance ces dix premiers jours de ramadan
CASABLANCA,
MARS 2026 – Le mois
de Ramadan est traditionnellement marqué par de fortes audiences, liées aux
changements de rythmes de vie et de consommation, ce qui stimule généralement
les investissements publicitaires, selon le contexte économique. À l’issue des
dix premiers jours de Ramadan, l’Observatoire
Marocain Les Impériales (OMLI) communique les principaux
chiffres, qui constituent des indicateurs clés de tendance pour l’ensemble des
médias, au bénéfice des médias, des agences et des annonceurs, à partir des
données collectées par Imperium.
À l’issue des dix premiers
jours du Ramadan 2026, les investissements publicitaires atteignent 425
millions de dirhams, contre 421 millions à la même période en 2025, soit
une évolution de +1%
Cette progression modérée ne
traduit pas réellement une dynamique d’expansion, mais plutôt un marché
stabilisé dans un contexte de prudence budgétaire. Après plusieurs années
marquées par des ajustements stratégiques et des arbitrages financiers, les
annonceurs semblent privilégier la rationalisation et l’optimisation des
investissements plutôt qu’une augmentation significative des budgets. Le +1%
observé confirme ainsi une forme de résilience maîtrisée, davantage qu’un
véritable cycle de croissance.
Une
ultra-dominance persistante de la télévision
La répartition des
investissements par média confirme la domination très nette de la télévision,
qui capte 65,3% des investissements publicitaires durant les dix
premiers jours du Ramadan 2026, contre 67,7% en 2025. Malgré une légère baisse,
la TV demeure de loin le média central de la période, confirmant son rôle
structurant dans les stratégies de communication des annonceurs. Cette
domination s’explique par la forte audience du créneau Ftour et par la capacité
des grandes chaînes à fédérer massivement les téléspectateurs.
Derrière la
télévision, l’affichage (13,6%) et la radio (12,2%) constituent les principaux
relais de visibilité, tandis que le digital (6,7%) enregistre une progression
par rapport à 2025. À l’inverse, la presse (1,9%) poursuit son recul,
confirmant une tendance structurelle à la baisse dans le mix média.
Cette répartition
traduit un marché toujours fortement polarisé autour de la télévision pendant
Ramadan, avec des médias complémentaires qui captent des parts plus limitées mais
stratégiques dans les dispositifs des annonceurs.
Une
concentration accrue des investissements
L’analyse du nombre
d’annonceurs révèle un phénomène notable : moins d’annonceurs sur certains
médias, mais des volumes maintenus, traduisant une concentration plus forte des
investissements. Entre 2025 et 2026 :
-
TV : 91 annonceurs en 2025 vs
83 en 2026
-
Presse : 295 vs 175
-
Radio : 125 vs 135
-
Affichage : 510 vs 487
La baisse particulièrement
marquée du nombre d’annonceurs en presse suggère un resserrement stratégique
autour d’acteurs majeurs, capables d’investir plus fortement, tandis que les
petits budgets se retirent ou arbitrent vers d’autres leviers. Cette évolution
confirme un marché où la sélectivité prime sur la dispersion.
Des
évolutions sectorielles marquantes
Le classement des secteurs met
en lumière des dynamiques contrastées
-
Alimentation reste largement dominante
(39,3%) malgré un léger recul (-7,5%).
-
Télécoms se maintient en deuxième
position (21,1%) avec une légère baisse (-3,4%).
-
Assurances enregistre une forte
progression (+138%).
-
Automobile & transport grimpe également ( 80,7%).
-
Entretien progresse également (+46,4%).
-
À l’inverse, Banque
(-35,5%), Distribution (-33%) et Hygiène/Beauté (-44,2%)
accusent des replis significatifs.
Ces mouvements traduisent une recomposition
sectorielle, avec une montée en puissance de secteurs à forte intensité
stratégique (assurance, entretien, transports) et un repli de segments
traditionnellement dynamiques mais soumis à des arbitrages budgétaires plus stricts.
« Au-delà des
chiffres, les dix premiers jours du Ramadan 2026 dessinent un marché
publicitaire stable mais prudent, ultra-dépendant de la télévision, plus
concentré autour de grands annonceurs, marqué par des bascules d’audience
significatives et traversé par des dynamiques sectorielles contrastées »,
souligne Lamia Ajana, Directrice de l’Observatoire Marocain Les Impériales
(OMLI).
Dans ce contexte, Ramadan
confirme son statut de temps fort stratégique, mais révèle également une
industrie en phase de réalignement, où performance, efficacité et arbitrage
deviennent les maîtres-mots.
